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MOUVEMENT INITIATIVE ET LIBERTE

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VI­GILANCE & AC­TION – N° 334  MARS 2016

INAUGURATION DE LA PLACE CHARLES PASQUA

DISCOURS DE PHILIPPE PEMEZEC,

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ancien député, maire du Plessis-Robinson,

membre du Comité d’Honneur du MIL – 12 mars 2016

Cher Alexandre, cher Philippe, (petits enfants de Charles Pasqua)

Monsieur le Président, cher Nicolas,

Madame la Présidente Bernadette Chirac , Je vous remercie très sincèrement et chaleureusement pour votre présence. Je sais quelle estime vous portiez à Charles Pasqua et votre présence aujourd’hui, en votre nom personnel et en celui de votre époux, le Président Jacques Chirac, nous honore.

Mesdames et Messieurs,

Il y a neuf mois, nous apprenions avec une immense tristesse, tant il était dans nos cœurs, la disparition de Charles Pasqua, l’ancien président de notre département, un des derniers grands représentants du gaullisme.

Une semaine plus tard, le Conseil municipal du Plessis-Robinson donnait son nom à la place de la Résistance.

Aujourd’hui nous voilà réunis pour inaugurer la première place Charles-Pasqua de France mais surtout, pour honorer l’homme pour lequel nous avions une tendresse particulière.

C’est une immense fierté pour moi de rendre ainsi à Charles Pasqua la place qui lui revient, de lui rendre cet hommage à la fois solennel et chaleureux, au cœur de cette ville du Sud de ce département qu’il aimait tant et auquel il a tellement apporté.

Il me disait souvent avec un ton grondeur mais l’œil qui pétillait lorsque je venais lui demander son soutien : «tu es le conseiller général le plus cher de France !». Et je lui répondais, en le vouvoyant, car je n’ai jamais réussi à le tutoyer, «Monsieur Pasqua, je vous dresserai une statue au Plessis-Robinson». «Oui, mais une statue équestre dans ce cas, et en habit bonapartiste !» me lançait-il, avec sa répartie légendaire. La statue n’est pas encore là, mais il y a déjà la place pour l’ériger, une place qui présente un caractère particulièrement symbolique.pasqua-photo-cn-2011

Cette place s’appelait en effet place de la Résistance. Et la Résistance est et a toujours été d’une importance capitale au Plessis-Robinson avec l’une des plus grandes avenues de la Ville qui porte ce nom ainsi que de nombreuses rues rendant honneur aux gendarmes et résistants qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour la France.

Charles Pasqua ne s’est pas contenté de prendre le maquis à 15 ans comme vous le savez tous. Il a incarné pendant toute sa vie et son incroyable carrière politique cet esprit de résistance qui le caractérisait.

L’esprit de résistance, c’est ce combat qu’il a mené contre l’idéologie communiste et l’emprise de cette idéologie sur la société française de l’après-guerre. Si je peux vous en parler aujourd’hui, c’est parce qu’il a été le premier à s’attaquer à la ceinture rouge et rose autour de Paris en semant de jeunes pousses qui ont germé et conquis une à une presque toutes les villes de gauche, Suresnes, Châtillon, Levallois, Antony en 1983, Le Plessis-Robinson en 1989, et Châtenay-Malabry en 1995.

Si nous sommes là aujourd’hui, si nos communes ont retrouvé leur sourire et leur liberté, c’est grâce à lui, même si malheureusement, nous vivons toujours dans le pays le plus marxiste d’Europe de l’Ouest.

L’esprit de résistance, c’est le combat qu’il a mené au ministère de l’Intérieur en 1986 et en 1993 pour protéger la France contre les agressions terroristes. Si la France a fait front pendant ces années difficiles, on se rappelle de la prise d’otage de l’avion d’Air Algérie, de l’attentat de la rue de Rennes, si la France a su «terroriser les terroristes», selon son expression, c’est grâce à lui.

L’esprit de résistance, c’est enfin le combat qu’il a mené contre la perte d’identité de la Nation française, dans la fidélité à la ligne tracée par le général de Gaulle. Pour cela, il n’a pas hésité à créer son propre mouvement souverainiste, le Rassemblement pour la France, dans le prolongement du RPF du général de Gaulle. La résistance en France, face à la mondialisation et la technostructure européenne, c’était encore lui. L’inéluctable qui s’annonçait à la suite du traité de Maastricht est malheureusement arrivé : l’échec de Schengen, l’inefficacité de nos élites qui ne savent pas prendre les décisions fermes face à la crise migratoire et surtout, on ne peut que se désoler de cette incapacité grandissante de nos responsables politiques à protéger l’héritage patrimonial et identitaire de la France.

L’autre raison du choix de cette place pour honorer la mémoire de monsieur Pasqua, c’est qu’elle est au carrefour de quatre projets symboliques de l’histoire récente de notre ville du Plessis-Robinson : d’un côté la cité-jardins reconstruite en 1995 par l’Office HLM des Hauts-de-Seine, avec un soutien massif du Conseil général présidé par Charles Pasqua sous la présidence de Patrick Balkany et la direction de Pierre Bourgoin, présent ce matin parmi nous. De l’autre, le Cœur de Ville, inauguré une belle nuit de décembre 2000 sous la présidence de Charles Pasqua. Derrière le square de la Liberté et la statue de l’homme libre, érigée en mémoire des victimes du communisme, la nouvelle cité-jardins, le dernier projet qu’il a inauguré avec nous en mai 2008, bouclant ainsi la boucle de vingt ans du plus grand chantier de rénovation urbaine d’Ile-de-France. Et puis, la valorisation des parcs, des jardins et d’une manière générale, de la verdure grâce à l’embellissement du parc Henri Sellier, du bois de la Solitude, de l’Etang Colbert et du parc de la Vallée aux Loups. J’ai choisi d’énumérer quatre projets emblématiques mais c’est la nécessité de ne pas être trop long qui m’a obligé à n’en citer que quatre : Charles Pasqua a contribué à tellement de choses ici qu’on ne peut pas tout dire.

Si vous n’avez pas connu Le Plessis-Robinson avant 1989, vous ne pouvez pas comprendre le poids qu’a représenté Charles Pasqua dans la transformation de notre ville.

Quand il a inventé, dix ans avant l’ANRU le Pacte 92, avec Rolland Castro et Maurice Leroy à la manœuvre, son souhait le plus cher, au travers de ce dispositif, était de réconcilier l’urbain et l’humain. Il voulait recréer de vraies villes à la place de la banlieue. Il voulait offrir du bien vivre à tout le monde, et surtout aux plus modestes. Avec cette idée toute simple mais géniale qu’il ne sert à rien de changer le décor urbain si l’on ne s’occupe pas des gens qui y vivent. Et ce n’étaient pas que des mots : derrière il y a eu : Giga la vie et Giga la découverte, les médiateurs éducatifs dans les collèges,  les études surveillées et la lutte contre l’illettrisme, le Pôle Léonard de Vinci, la seule université qui place 100% de ses diplômés, le suivi personnalisé des chômeurs de longue durée par les tuteurs, autant de projets innovants et ambitieux, à l’image de ce qu’était Charles Pasqua.

En 1988, je décidais de me présenter à la mairie du Plessis-Robinson, un bastion du parti communiste depuis 43 ans. Je n’avais jamais été élu auparavant, j’étais venu une seule fois au Plessis-Robinson. J’ai demandé un rendez-vous à Charles Pasqua après avoir évoqué le sujet avec Patrick Devedjian. Il m’a reçu, il m’a écouté raconter ma petite histoire et il m’a dit : «Petit, tu me plais. Je te fais confiance». Et il m’a soutenu, un an après j’étais le plus jeune maire des Hauts-de-Seine !

Au début de mon premier mandat, je me suis chargé de dépolitiser et débaptiser au Plessis-Robinson un certain nombre de rues et de places qui portaient le nom de personnages politiques, en général communistes, mais n’ayant aucun rapport avec Le Plessis-Robinson.

Un jour à cette occasion, je reçois un coup de téléphone de Charles Pasqua : «Philippe, viens me voir, tu vas faire une connerie. Tu ne peux pas tout savoir, tu n’as pas connu la résistance…»

Parfois je l’écoutais, parfois, je n’en faisais qu’à ma tête. Je l’ai bien sûr davantage écouté !

Une autre fois, nous nous étions disputés sévèrement. Quelques jours plus tard : «Tu es calmé, viens me voir, on va boire un café». Et il ajoutait : «je crois que ton mauvais caractère n’a d’égal que le mien.»

Alors, mon cher monsieur Pasqua, cher Charles, je vais encore en faire à ma tête et je l’assume totalement : je vais dévoiler cette plaque qui vous installera définitivement au cœur du Plessis-Robinson. Au cœur de Robinsonnais qui vous aimaient tant et qui vous le prouvaient à chaque scrutin.

Cette plaque n’est que le modeste symbole de notre reconnaissance qui est immense.

Merci monsieur Pasqua, et, comme chaque fois, je suis certain que vous ne m’en voudrez pas.

INAUGURATION DE LA PLACE CHARLES PASQUA

DISCOURS D’HENRI GUAINO, DéPUTé DES YVELINES

Mes chers amis,     

En donnant à l’une de ses places le nom de Charles Pasqua, la ville du Plessis-Robinson est la première à honorer une personnalité hors du commun qui a profondément marqué l’imaginaire politique de son temps.

Aux Invalides, devant le cercueil recouvert du drapeau tricolore, j’ai rappelé que cet homme avait été de son vivant une sorte de légende.

Certains l’aimaient, d’autres pas.

Mais, c’était un de ces personnages familiers qu’on finit par avoir l’impression de connaitre depuis toujours.

Car Charles Pasqua était d’abord un personnage.

Chose si rare en politique, il incarnait ce qu’il défendait : ce vieux courant bonapartiste et gaulliste que l’on ne rencontre nulle autre part ailleurs qu’en France parce qu’il doit tout à l’Histoire et rien à l’idéologie.

L’aigle impérial et le Croix de Lorraine.

La garde qui meurt mais ne se rend pas et la Résistance.

La France de Cambronne et celle de Moulin. Celle de Victor Hugo et du chant des Partisans.

La France de Victor Hugo qu’il connaissait par coeur :

«Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,

Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,

Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.

Leur bouche, d’un seul cri, dit : vive l’empereur !

Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,

Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,

La garde impériale entra dans la fournaise.

Hélas ! Napoléon, sur sa garde penché,

Regardait, et, sitôt qu’ils avaient débouché

Sous les sombres canons crachant des jets de soufre,

Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,

Fondre ces régiments de granit et d’acier

Comme fond une cire au souffle d’un brasier.»

La France du chant des Partisans, celui de son adolescence :

«Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.

Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.

Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes,

Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…»

Il était de ceux pour lesquels l’Histoire et la politique se confondent toutes deux dans l’épopée. Son amour de la France était charnel comme l’était son amour de la Corse.

Mais, c’était la Corse du Serment de Bastia «Face au monde, de toute notre âme, sur nos gloires, sur nos tombes, sur nos berceaux, nous jurons de vivre et de mourir français.» Ce «vivre et mourir français», sa mère l’avait brodé sur sa chemise. Lycéen, il entre dans la résistance, comme toute sa famille.

A quinze ans, il effectue des missions de repérage. A dix-sept, il porte des courriers de Grasse jusqu’à Nice.

Ceux qui ne connaissent pas l’histoire de la Résistance y verront des missions anodines. Ceux qui la connaissent savent que lui et ses camarades risquaient leur vie.

En juillet 44, il est arrêté avec son père par les Allemands.

Son père a la mâchoire brisée. On les relâche, faute de preuves. Ils montent au maquis.
Ils en redescendent en août pour se battre après le débarquement de Provence et aider les parachutistes américains.

Charles Pasqua n’a pas 18 ans quand il reçoit la médaille de la France Libre.

Plus tard, il écrira : «je suis Gaulliste comme je suis Français : sans complexe. J’ai donné ma foi au Général de Gaulle, je ne l’ai jamais reprise.»

Beaucoup plus tard, il confiera à une journaliste : «je n’ai été inconditionnel qu’une seule fois dans ma vie : c’était du Général de Gaulle.»

Toute sa vie, il sera un militant de cette cause qui à ses yeux se confondra toujours avec celle de la France.

Mais, un militant d’une espèce particulière : celle des Grognards.

Grognard du Gaullisme comme il aurait pu être grognard de l’Empereur, ceux que Chateaubriand voit présenter les armes à Louis XVIII en 1814.

«Un régiment de la vieille garde à pied formait la haie depuis le Pont-Neuf jusqu’à Notre Dame, le long du quai des Orfèvres. Je ne crois pas que figures humaines aient jamais exprimé quelque chose d’aussi menaçant et d’aussi terrible. Ces grenadiers couverts de blessures, vainqueurs de l’Europe, qui avaient vu tant de milliers de boulets passer sur leur têtes, qui sentaient le feu et la poudre ; ces mêmes hommes, privés de leur capitaine, étaient forcés de saluer un vieux roi, invalide du temps, non de la guerre (…) Les uns, agitant la peau de leur front, faisaient descendre leur large bonnet à poils sur leurs yeux comme pour ne pas voir ; les autres abaissaient les deux coins de leur bouche dans le mépris de la rage ; les autres, à travers leurs moustaches, laissaient voir leurs dents comme des tigres. Quand ils présentaient les armes c’était avec un mouvement de fureur, et le bruit de ces armes faisait trembler. Jamais, il faut en convenir, les hommes n’ont été mis à une pareille épreuve et n’ont souffert un tel supplice. Si dans ce moment ils eussent été appelés à la vengeance, il aurait fallu les exterminer jusqu’au dernier, ou ils auraient mangé la terre.»

De cet homme aussi, de ce «terrible Monsieur Pasqua» comme l’appellera un jour François Mitterrand, on avait l’impression qu’il aurait pu «manger la terre» lorsqu’il avait le sentiment que l’héritage du gaullisme était dilapidé.

Ceux pour lesquels les mots «engagement», «honneur», «patrie», n’ont pas vraiment de sens, ceux pour lesquels, il n’y a pas de plus grande cause qu’eux-mêmes, ceux-là n’ont jamais compris les colères et les ruptures de celui qui connaissait tous les ressorts de la politique politicienne mais qui ne fut jamais un politicien parce qu’au fond de lui il resta toute sa vie le petit Corse résistant de 15 ans dont le père aimait la France comme sa propre mère.

Il servira sa grande cause par tous les moyens. Il prendra tous les risques. Il gardera tous les secrets.

Non sans ressentir cette intime blessure qui fait souffrir ceux qui attendent longtemps avant d’être reconnus pour leur valeur et pas seulement pour les services qu’ils rendent, même si Charles Pasqua avait trop de dignité et de pudeur pour laisser paraitre la moindre amertume.

Comme il n’en laissera jamais paraitre quand, à la fin de sa vie, ceux auxquels il avait tout sacrifié le trahiront.

Quand il s’associera avec Philippe Séguin, au début des années 90, ces deux hommes d’apparence si différente – l’un ombrageux, l’autre jovial – auront en commun la Méditerranée, le soleil, mais aussi et plus profondément, ce même orgueil blessé qu’éprouvent toute leur vie, les enfants pauvres auxquels on fait sentir qu’ils n’appartiennent pas au monde de ceux que la naissance, l’éducation, les relations semblent vouer à occuper une position supérieure.

Ils avaient autre chose en commun : le Gaullisme pour eux, ce n’était pas la droite, ce n’était pas la gauche, ce n’était pas le centre, c’était la France et tous les Français.

N’avait-il pas dit : «Si être pour la justice sociale, c’est être de gauche, je suis de gauche. Si être pour l’ordre et l’autorité, c’est être de droite, je suis de droite» ?

Il écrira un jour : «L’égoïsme va mal aux Français. Ils sentent bien qu’ils ont tout à espérer ensemble, et tout à redouter s’ils s’isolent les uns des autres. Ce sera l’honneur de la politique de le leur dire, et le propre d’une démocratie vivante de leur permettre.»

Homme d’un parti, il le fut plus que personne.

Mais, sans jamais céder sur sa conviction que son pays était plus important que son parti et ne se battant que pour faire gagner ce dernier que lorsqu’il était convaincu que ce combat était bien celui pour une «certaine idée de la France».

Ce grognard qui connaissait par cœur des milliers de vers et de paroles de chanson, comme il connaissait par cœur l’Histoire de France, sous ses aspects terribles de ministre de l’Intérieur qui connaissait les secrets de tout le monde, était un homme bon, à la morale simple et vraie.

Pour faire de la politique disait-il, il faut aimer les gens.

Cette phrase résume toute l’humanité de cet homme bienveillant et généreux, toujours présent pour ceux qui étaient dans la difficulté et dans la peine.

Ministre de l’Intérieur, Ministre d’Etat, Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, il vécut d’éclatantes réussites et de terribles échecs.

Il ne se découragea jamais.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la République, comme certains de ses amis, ne lui rendirent pas toujours ce qu’il leur avait donné. Il ne demandait d’ailleurs rien sinon un peu d’estime et de respect, la reconnaissance du cœur.

Mardi dernier dans la cour des Invalides, en assistant aux honneurs militaires rendus à Yves Guéna, soldat de la France Libre, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ceux qui avaient refusé à Charles Pasqua ces mêmes honneurs militaires dont il aurait été fier et qu’il avait mérité.

Et, j’ai eu honte pour eux.

Avec son attachement aux valeurs du Gaullisme, à une haute idée de la France, avec sa bonté, sa générosité, sa fidélité en amitié, son courage, avec son accent du midi, sa faconde méditerranéenne, il était pour moi, petit Français de Provence, l’une des incarnations la plus élevée du sens de l’Etat et la plus attachante de ma France. Et je crois qu’il l’a été pour beaucoup de Français.

L’Hommage que lui rend aujourd’hui la Ville du Plessis-Robinson ne compensera pas tous ceux que l’on ne lui a pas rendus.

Mais, il fait plaisir à tous ceux qui l’ont aimé.

Pour la Campagne de Maastricht, il avait choisi pour slogan : Liberté, je chéris ton «non» !  Que ne l’a-t-on davantage entendu ! Mais, il savait bien que l’histoire de France n’était pas finie :

«Chantez, Compagnons dans la nuit, la Liberté nous écoute !»

CHARLES PASQUA, UNE VIE AU SERVICE DE LA FRANCE ET DU GAULLISME

Christian Labrousse, président du M.I.L et le bureau national font part de leur très vive émotion et de leur tristesse à l’annonce du décès de Charles Pasqua, militant gaulliste depuis son plus jeune âge.

«On ne comprend rien de moi si l’on ne comprend pas que je suis un militant», avait coutume de lancer Charles Pasqua. Pour comprendre ce qu’il voulait alors dire, il faut d’abord revenir aux 15 ans de ce petit-fils de berger corse, de ce fils de policier, et sentir le soleil et les parfums de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Le jeune Charles y est né le 18 avril 1927, dans une famille de patriotes farouches, comme le sont parfois les Corses.

Après l’invasion de la zone libre par les armées nazies en novembre 1942, il s’engage dans la Résistance, sous le pseudonyme de Prairie. En fait, son père, André, est déjà membre d’un réseau et établit de fausses cartes d’identité de son commissariat. De son côté, Charles fait partie d’un groupe de jeunes gens qui rejoindront bientôt la France libre du général de Gaulle. De là datera son attachement à l’homme du 18 Juin, qu’il rejoindra après la guerre, dès sa fondation en 1947, le RPF. Il a repris ses études, passé son bac et une licence de droit.

Ensuite, Charles Pasqua intègre l’entreprise Ricard. Il va être bombardé inspecteur des ventes en Corse, puis grimper tous les échelons jusqu’à la direction générale des ventes en France et à l’exportation, en 1962, naviguant de la Corse à Marseille pour atterrir à Paris. En 1967, il est devenu le numéro deux du groupe Ricard jusqu’en 1969.

En 1947, sous le parrainage de Jacques Foccart, est créé le service d’ordre du RPF par Dominique Ponchardier et son adjoint Pierre Debizet, ainsi que Paul Comiti. Puis il se transformera en association de fait en 1958, le Service d’action civique (SAC). Cette association sera créée officiellement le 15 décembre 1959 puis déclarée à la préfecture de Paris le 4 janvier 1960. Pierre Debizet a été le premier président en 1959-1960 et  démissionnera à cause de la politique algérienne. Ensuite, Paul Comiti en fut le président du 1er avril 1960 à 1969. Charles Pasqua a rejoint l’association fin 1962 et la quittera à l’automne 1969. Il sera nommé Vice-président début 1965 et il intégrera le Bureau national à partir de 1967 jusqu’au retour de Pierre Debizet le 3 octobre 1969. Charles Pasqua sera un des organisateurs, grâce aux militants civiques, de la manifestation raz-de-marée gaulliste du 30 mai 1968 sur les Champs-Elysées.

Ces derniers titres furent : ancien ministre d’Etat, ancien président d’honneur du conseil général des Hauts de Seine, parlementaire honoraire.

Il a assumé de très nombreuses responsabilités, notamment :  Ministre d’État ; Ministre de l’Intérieur de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995 ; Député des Hauts-de-Seine de 1968 à 1973 ; Député européen de 1999 à 2004 ; Conseiller régional d’Île-de-France ; Président du conseil général des Hauts-de-Seine (de 1973 à 1976 puis de 1988 à 2004) ; ancien conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine ; ancien Sénateur des Hauts de Seine (du 11 mai 1988 au 29 avril 1993 puis de 1995 a 2011).

Malgré toutes ces fonctions, Charles Pasqua est resté le premier des militants. Il a été de tous les combats pour les valeurs gaullistes et la France. Il était un grand patriote. Il avait ardemment combattu le Traité de Maastricht.

Sur France Info jeudi 5 juin 2015, Charles Pasqua a parlé de son engagement dans la Résistance en déclarant «L’essentiel, c’est la capacité de refuser ce qui apparaît au plus grand nombre inévitable». Certaines de ses formules ont marqué l’opinion : «Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent», «La politique, ça se fait à coups de pied dans les couilles», «On est plus fidèle à sa nature qu’à ses intérêts» , «il faut terroriser les terroristes».

Gaulliste sincère, militant engagé, Charles Pasqua était membre du comité d’honneur du Mouvement Initiative et Liberté (M.I.L), nous avons mené de nombreux combats ensemble. Il a de nombreuses fois pris la parole dans les conventions nationales de notre mouvement. Le Mouvement Initiative et Liberté (M.I.L) perd l’un des siens et la France perd un grand serviteur.

Reprise de la communication du MIL du 29 juin 2015

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