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http://rmc.bfmtv.com/emission/les-musulmans-ont-l-impression-que-la-france-devient-de-plus-en-plus-islamophobe-1029463.html

REPORTAGE – Dans un contexte marqué par la menace terroriste, les polémiques notamment autour du burkini pèsent sur les musulmans. Dans le quartier de la Grande Borne à Grigny dans l’Essonne, la communauté musulmane se sent stigmatisée.

A la sortie de son immeuble dans le quartier de la Grande Borne à Grigny, Mona, voile sur la tête, avoue se sentir mal à l’aise. Un sentiment qu’elle ressent notamment lorsqu’elle quitte son quartier pour les rues parisiennes.

« On est mal vus, les gens nous regardent différemment. Malheureusement on a passé un cap. J’ai un enfant de 18 ans bientôt et j’ai des filles et bien sûr ça me fait peur si un jour elles décident de porter le voile », admet cette mère de famille.

Place de l’islam en France, contexte terroriste, polémique sur le burkini, tous ces débats alimentent ses interrogations sur l’avenir de ses enfants. « Ils sont nés en France, ils ont grandi dans ce pays et je suis française. Franchement, ici on ne trouve plus notre place. Et je souhaite à mon fils qu’il parte ailleurs parce qu’il n’a plus d’avenir en France », tranche Mona.

« C’est un été qui a été pesant »

Face à ces débats, Mathieu membre de l’union des musulmans de Grigny observe un repli identitaire de sa communauté qu’il regrette. « C’est vrai que c’est un été qui a été pesant. Chaque semaine on parle des musulmans. Les musulmans ont l’impression que la France devient de plus en plus islamophobe« , constate-t-il. Les musulmans qu’il rencontre à Grigny sont partagés entre plusieurs sentiments.

« Le sentiment de peur, de se dire demain on peut s’en prendre à moi physiquement. Ensuite il ya la déception qui peut pousser les gens à se replier sur eux-mêmes. Il peut y avoir des musulmans qui ont envie de quitter la France, mais pour aller où finalement? Il n’y a pas de pays qui s’appelle la musulmanie », ironise Mathieu.

Un découragement d’une partie des musulmans

Certains sont aussi tenter de « baisser les bras », observe-t-il encore en arrêtant « de participer à la vie de quartier, aux élections, à la vie scolaire ». Un découragement qu’il cherche à combattre, car selon lui, la solution ne viendra pas des politiques.

« Il ne faut plus rien attendre d’en haut. Ce sera le travail d’en-bas, le travail de la vraie vie, de la France d’en-bas. Ce sera la meilleure réponse », estime-t-il. Pour Mathieu, la première étape pour les musulmans est de recréer du lien « au niveau local, au niveau du quartier, au niveau du voisinage » pour « trouver les voies du vivre ensemble ».

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