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À Arradon, dans le golfe du Morbihan, trente réfugiés et demandeurs d’asile découvrent ce que sont les vacances. Et pour certains, le bonheur est simplement d’apprendre à nager…

Reportage

Face à la mer, sur l’esplanade du centre spirituel de Penboc’h à Arradon, on regarde l’horizon embrumé par le crachin breton qui balaie le golfe du Morbihan.

Capuche sur la tête, bras croisés, Sardawali, réfugié afghan, regarde ses compatriotes s’amuser sur les canoës. « Il n’a pas l’air bien aujourd’hui, c’est le temps qui le rend comme ça », blague Marcela Villalobos-Cid, du Service Jésuite des réfugiés (JRS).

Sardawali, réfugier afghan, regard tourné vers le golfe du Morbihan.

L’association, dont elle est responsable, accueille depuis lundi et jusqu’à ce jeudi quarante-cinq personnes de treize nationalités différentes, Ukraine, Ousbekistan, Afghanistan, Mali, Congo, Cameroun, Iran, Irak… Tous les âges sont représentés, du bébé de 14 mois au retraité de 73 ans.
Une pause pour tous

« Cet accueil est dans la ligne de notre nouvel objectif d’orientation, précise Jean- Brice Bigourdan, directeur du centre spirituel de Penboc’h, ouverture et attention vers les plus fragiles. C’est la première fois que nous organisons cette action. Nous œuvrons en partenariat avec le JRS et son réseau Welcomme-France, réseau de foyers particuliers et communautés qui offrent l’hospitalité pour des demandeurs d’asile. Notre volonté commune est d’apporter une pause pour tous ».

La mission des JRS est, en effet, d’accompagner, servir et défendre avec trois axes principaux d’intervention : l’hospitalité, l’intégration et le plaidoyer.

Dans le cadre du pôle « hospitalité », Marcela Villalobos-Cid souhaite porter un regard positif sur les richesses et talents de chacun pour apprendre à mieux se connaître dans les résultats des héritages culturels, et religieux à travers des échanges et des partages d’expériences. « Les activités proposées, chaque jour demeurent ouvertes à tous et se construisent au fil des jours, avec chacun des participants. C’est du donnant-donnant à chaque instant et de belles expériences à la clé ! »

Atelier cuisine pour préparer le repas du groupe avec Habib, réfugié iranien avec Catherine du réseau Welcome de Nantes.

Harima a appris à nager

Côté expérience, Rahima, jeune Afghane de 29 ans, en a vécu de belles. C’est sur la plage d’Arradon, que cette journaliste a appris à nager. « Il n’y a pas de mots pour décrire ce que j’ai vécu. Dans mon pays, les femmes n’ont pas le droit d’aller à la piscine, ni de se baigner dans les lacs. Après quelques brasses, je pensais être sur une autre planète », raconte-t-elle.

Arrivée en France il y a un mois, elle a dû quitter son pays précipitamment après avoir reçu une lettre des talibans. « Je n’ai pas l’impression de revivre, mais de survivre. C’est tellement bon d’être là. Vous voyez, dans deux minutes, je vais aller, pour la première fois, faire du canoë. C’est magique. »

Demain, il faudra reprendre le chemin des familles qui les accueillent, poursuivre les démarches administratives et tenter d’avancer pour vivre.

Après ce passage dans le Golfe du Morbihan, ils auront eu, le temps d’une petite semaine, la joie de goûter à ce que nous oublions parfois comme étant un privilège : les vacances.

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