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Il y a presque un an, le quotidien britannique The Guardian, sur la foi d’informations de l’ONG AIDS-Free World, mit gravement en cause 14 militaires français de l’opération Sangaris, les accusant d’abus sexuels sur des mineurs. Depuis, quatre d’entre-eux, qui appartiennent au 152e Régiment d’Infanterie de Colmar, ont été entendus dans le cadre de l’enquête, sans être mis en examen. Selon une source proche du dossier, les récits des enfants ont varié et le nombre de plaignants a augmenté…

En février dernier, des accusations identiques ont été portées contre des militaires de Sangaris par un frère et une soeur de 7 et 9 ans, qui ont parlé de « fellations » en échange d’eau et de biscuits. Les faits auraient eu lieu en 2014, sur l’aéroport M’Poko de Bangui… comme pour la précédente affaire. Pourquoi n’en a-t-il pas été fait état plus tôt? Peut-être que la justice, saisie par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, apportera une réponse.

Mais les dernières accusations concernant des soldats de Sangaris dépassent l’entendement tant les faits qu’elles décrivent sont sordides. Ainsi, selon un rapport d’AIDS-Free World, trois jeunes filles ont raconté, à un officier de la MINUSCA (mission des Nations unies en Centrafrique), que, en 2014, elles ont été

ligotées et dénudées à l’intérieur d’un camp par un « commandant » de Sangaris avant d’être forcées à avoir des relations sexuelles avec un chien. Et chacune aurait reçu 5.000 francs CFA (8 euros).

« La France veut faire toute la lumière sur les accusations d’abus sexuels par ses soldats en Centrafrique », a réagi François Delattre,  l’ambassadeur français auprès des Nations unies, le 31 mars. « Il est clair que si les faits étaient établis, des sanctions disciplinaires exemplaires seraient prononcées, en complément de la réponse pénale », a-t-il continué.

« C’est trop énorme », a confié, au quotidien Le Monde, un membre de l’entourage du ministre de la Défense, qui a par ailleurs saisi le parquet de Paris pour cette nouvelle affaire.

« Nous avons mené une enquête interne fin 2014-début 2015 sur cette affaire du chien et l’on a découvert qu’il s’agissait d’une vidéo zoophile qui se transmettait de portable à portable, dans laquelle il n’y a aucun militaire français et qui n’a pas été tournée en Centrafrique », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les contingents burundais et gabonais sont également concernés par des accusations d’abus sexuels commis sur des mineures dans la région de Kémo, entre 2013 et 2015.

« Les Etats auxquels appartiennent ces troupes doivent mettre un terme aux abus, punir leurs auteurs par des peines appropriées et empêcher d’autres violations. Sinon ce terrible cycle d’abus ne s’arrêtera jamais », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a en outre précisé que d’importants efforts sont en cours pour mener à bien les enquêtes.

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