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Dans le récent hors-série publié par Le Monde et France Infos sur le jihadisme, l’on peut lire un entretien très intéressant donné par l’anthropologue franco-américain Scott Atran. Ce directeur de recherches au CNRS et à l’École normale supérieure s’est en effet intéressé à la façon de penser des combattants de l’État islamique (EI ou Daesh) et surtout à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes et de leurs adversaires.

Pour cela, Scott Atran s’est rendu au Kurdistan irakien avec une collègue, Lydia Wilson, et Doug Stone, un général américain en retraite ayant servi en Irak sous les ordres du général Petraeus. C’est ainsi qu’il a rencontré des combattants kurdes et des jihadistes de Daesh faits prisonniers, à qui il a fait passer quelques tests.

Ces derniers ont ainsi mis en évidence que l’identité des jihadistes se confond avec celle de l’organisation à laquelle ils appartiennent.

Les jihadistes « n’ont qu’une identité, celle de leur groupe, pour lequel ils sont prêts à se battre et à mourir. Les groupes jihadistes se caractérisent par leur capacité à fusionner et par un ensemble de valeurs, ce qui les rend extrêmement puissants », explique l’anthropologue.

S’agissant de la représentation que se font d’eux-mêmes les jihadistes, les résultats obtenus ne sont pas surprenants : l’effet de groupe fait qu’ils se voient supérieurs à leurs adversaires sur les plans physique et spirituel. « Sans surprise, les combattants de l’EI pensent qu’ils sont très forts et que leurs ennemis sont faibles », a constaté Scott Atran.

Mais les jihadistes ne voient pas tous leurs adversaires de la même façon. Pour eux, les combattants iraniens (et sans doute chiites, par extensions) sont les plus sérieux. Quant aux Américains, ils les considèrent « physiquement forts et spirituellement faibles ».

Et les Français? Eh bien selon ce chercheur, les combattants de Daesh estiment qu’ils sont « plus dangereux que les Américains ». Et cela, en raison de la crainte qu’ils ont de l’aviation française.

« Lorsque nous écoutons les conversations de Daesh sur talkie-walkie, interceptées par les Kurdes, nous comprenons pourquoi. L’EI craint davantage les Rafale français qu’il surnomme les ‘pigeons noirs’, parce que leurs frappes sont systématiques », avance Scott Atran.

« Lorsque les Français bombardent, ils ne partent pas avant d’avoir atteintleurs cibles. En général, les Américains ne mènent qu’un raid et, souvent, arrivent trop tard pour frapper leur cible parce qu’ils doivent d’abord obtenir un accord juridique », a ajouté le chercheur.

À noter que les Rafale ne sont pas les seuls appareils engagés contre Daesh : les Mirage 2000D/N et les Super Étendard Moderninés (SEM) sont aussi très sollicités dans les opérations en cours.

http://www.opex360.com/opex/

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