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L’ancien terroriste, aujourd’hui en liberté conditionnelle, avait été condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de deux personnalités.

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Publié le 07/03/2016 à 14:40 – Modifié le 07/03/2016 à 16:44 | Le Point.fr

En liberté conditionnelle depuis 2012, Jean-Marc Rouillan s’était montré discret. Mais cet ancien militant d’Action directe, condamné en 1989 à la prison à perpétuité pour le meurtre de l’ingénieur général de l’armement René Audran et du PDG de Renault George Bresse, risque bien d’être au coeur d’une nouvelle polémique. La raison ? Une interview corrosive accordée à un journal marseillais mensuel d’enquêtes satiriques baptisé Le Ravi. Actuellement à l’affiche dans un road movie libertaire Faut savoir se contenter de beaucoup, Jean-Marc Rouillan revient longuement sur les attentats du 13 novembre dernier.

« Je suis neutre. (…) Car l’État français reste colonialiste, assassin. Rien que ce qui s’est passé en Algérie m’empêchera toujours, toute ma vie, de chanter La Marseillaise et de porter le bleu-blanc-rouge : un million de morts, des disparus, de la torture, l’horreur de venir se présenter comme la patrie des droits de l’homme ! Jamais je ne serai du côté de cet État ! » s’est-il emporté. Jean-Marc Rouillan s’est ensuite laissé aller à quelques confidences sur les terroristes des attentats de Paris : « Ils se sont battus courageusement dans les rues de Paris en sachant qu’il y avait près de 3 000 flics autour d’eux. (…) On peut dire plein de choses sur eux – qu’on est absolument contre les idées réactionnaires, que c’était idiot de faire ça -, mais pas que ce sont des gamins lâches », s’emporte-t-il.

« Daech est proche du capitalisme »

Si Rouillan juge les terroristes courageux, son avis sur Daech, une organisation un peu trop capitaliste à son goût, est plus tranché : « Daech est très proche du capitalisme car c’est un mouvement basé sur le mortifère, le sacrifice, la mort. Jamais dans la lutte armée d’extrême gauche que j’ai pratiquée, de 1968 jusqu’à la fin des années 1980, je n’ai connu le sacrifice. Jamais. Plutôt la joie de les combattre et un immense espoir de lumière, de lendemains qui chantent. Et je crois qu’ils sont encore devant nous. Malgré tout. » Jean-Marc Rouillan serait-il nostalgique du temps où il était l’ennemi public numéro 1 ? Ce qui est sûr, c’est qu’il juge utopique un changement de société sans passer par la violence : « Rien ne se fera sans la violence, mais la violence ne suffira pas. Il y a des milliers d’autres méthodes pour être révolutionnaire », conclut-il.

Ce n’est pas la première fois que Jean-Marc Rouillan se distingue par ses propos tenus dans la presse. En 2007, il avait brièvement bénéficié d’un régime de semi-liberté. Mais il était retourné en prison courant 2008 à la suite d’une interview parue dans L’Express. Le juge d’application des peines avait alors estimé que Rouillan avait « enfreint une des obligations qui pesaient sur lui, celle de s’abstenir de toute intervention publique relative aux infractions pour lesquelles il a été condamné ». En liberté conditionnelle depuis 2012, l’ancien membre d’Action directe pourrait donc se retrouver une nouvelle fois devant les tribunaux.

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