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La ligne officiellement suivie par les puissances occidentales (France, Royaume-Uni, Italie et États-Unis) pour réduire la présence de l’État islamique (EI ou Daesh) et des autres organisations jihadistes en Libye est d’attendre la formation d’un gouvernement libyen d’unité nationale pour ensuite apporter à ce dernier un soutien militaire.

Il n’est donc pas question d’une intervention directe, même si cela n’empêche pas les frappes ciblées et les opérations spéciales – voire clandestines – contre les cadres de la branche libyenne de Daesh. En outre, la formation de ce gouvernement unique est aussi essentielle pour permettre à l’opération européenne Sophia d’intervenir en Libye contre les passeurs de migrants.

Seulement, la formation de ce gouvernement d’unité nationale se fait attendre, aucune des deux factions qui se disputent le pouvoir en Libye n’étant pressée d’aller au terme de ce processus, malgré un accord conclu sous l’égide des Nations unies, en décembre, au Maroc par leurs représentants.

Mais la multiplication des mouvements aériens au-dessus de la Libye, la présence – officiellement démentie – de forces spéciales françaises, américaines et britanniques, l’envoi annoncé et confirmé de 50 militaires d’un régiment parachutiste italien pour « coordonner la formation de la force de sécurité et de stabilisation libyenne, qui devra intervenir quand un gouvernement aura été formé », et l’arrivée prochaine du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée peuvent laisser penser à des préparatifs en vue d’une intervention militaire contre Daesh.

Et cela d’autant plus qu’un « centre de coordination de la coalition » a d’ores et déjà été mis en place à Rome, comme l’a indiqué le général Donald Bolduc, le commandant des forces spéciales américaines en Afrique, au Wall Street Journal. Toutefois, a assuré Domenico Rossi, le sous-secrétaire d’Etat italien à la Défense, il ne s’agit pas d’une « War room ». « Nous attendons la formation du gouvernement libyen », a-t-il répété.

En attendant, les autorités de Tobrouk, reconnues par la communauté internationale, refusent toute intervention tant qu’elles n’auront pas donné leur accord. Quant à celles de Tripoli, elles ont prévenu : toute opération militaire sera traitées comme une « invasion étrangère ». D’où l’importance d’un gouvernement d’unité nationale… Mais si son installation ne réglera pas tous les problèmes.

Quoi qu’il en soit, une éventuelle intervention militaire en Libye inquiète la Tunisie, qui a indiqué, le 12 février, son intention d’installer des commissions régionales chargées d’élaborer un « plan » visant à faire face à ses conséquences possibles. En 2011, le pays avait dû accueillir plusieurs centaines de milliers de personnes ayant fui les combats sur le sol libyen.

« Je dis, et très clairement, aux amis qui pensent à cela [à une intervention, ndlr] de ne pas penser seulement à leurs intérêts. De penser aux intérêts des pays voisins et au premier rang la Tunisie », a récemment affirmé Béji Caïd Essebsi, le président tunisien. Et d’ajouter : « Avant tout acte de ce genre, s’il vous plaît, consultez-nous, parce qu’il peut vous servir mais nous porter atteinte. »

L’Algérie est sur la même longueur d’onde. « Toute autre intervention militaire en Libye engendrera davantage de destruction et de pertes humaines », a en effet déclaré son ministre  des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, cité par l’agence de presse APS.

« Les aventures militaires n’ont aucune chance d’aboutir au règlement de ce problème ni dans l’immédiat ni à long terme. L’Algérie respecte le droit de la Libye d’instaurer le régime qu’elle juge adéquat pour son peuple », a encore fait valoir le chef de la diplomatie algérienne.

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